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Who is P.B ? Qui est P.B. ?
Catalogue
Les mots n'ont plus la même longueur : article à propos du P.B. paru dans le magazine d'art contemporain MARS n°6 été 85. (only in french).
Osmose-Béton

 Who is P.B. ? / Qui est P.B. ?

My writings are refuges. Those voluntarily linear and almost indecipherable of the " Notebooks " and the " Twists ", those which are forgotten on a corner of page, that of the smeared words with passionate blows from tube of colour on which I pressed while writing, words photographed then thoroughly increased, it is the licked violence of the "Hyperbleues".
I take refuge inside the writing, while exhibiting it, but who will have time to take a magnifying glass to discover my secrets ? I gradually nibble space, piece after piece, word after word. The large sizes frighten me except if I paint them while starting in top on the left to finish them in bottom on the right. I accumulate cramped handwriting, as I accumulate mere nothing. See the P.B.
It's like that I made the notebooks then to make the " K7"(mean cassettes, boxes in which one locks up his treasures), from the " K7 " again to the notebooks, the writings, the tears and finally to "Geologies". Geologies are recovered all: the projects of painting forgotten forever like the torn ends of invoice, the mail prepared, which will definitively not be sent, even some modelled objects, of the mouldings and the prints. There still, I photograph, witness of these layers, because it is impossible for me to want all to forget. Then these slides (more exactly), I put them side to increase them, make of them large canvas or large drawings (some are already carried out), but time plays against me. I am taken with my own trap
.

Mes écritures sont des refuges. Celles volontairement linéaires et presque indéchiffrables des "Carnets" et des "Torsades", celles qui s'oublient sur un coin de page, celle des mots barbouillés à coups de tube rageur sur lequel j'appuyais tout en écrivant, mots photographiés puis agrandis minutieusement, c'est la violence léchée des "Hyperbleues".
Je me réfugie à l'intérieur de l'écriture, tout en la livrant au regard, mais qui aura le temps de prendre une loupe pour découvrir mes secrets? Je grignote l'espace petit à petit, morceau après morceau, mot après mot. Les grands formats me font peur sauf si je les peins en commençant en haut à gauche pour les finir en bas à droite. J'accumule des pattes de mouche, comme j'accumule des petits riens. C'est comme ça que je suis passée des carnets aux "K7"(entendez cassettes, coffrets dans lesquels on enferme ses trésors), des "K7" à nouveau aux carnets, aux écritures, aux déchirures et enfin aux "Géologies". Les géologies se récupèrent tout : les projets de peinture à jamais oubliés comme les bouts de facture déchirés, le courrier préparé, qui ne sera définitivement pas envoyé, même quelques objets modelés, des moulages et des empreintes. Là encore, je photographie, témoin de ces strates, car il m'est impossible de vouloir tout oublier. Alors ces diapositives (plus exactement), je les mets de côté pour les agrandir, en faire de grandes toiles ou de grands dessins (certaines sont déjà réalisées), mais le temps joue contre moi. Je suis prise à mon propre piège.

 

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   Catalogue

Les AutoNumériques - FENESTRATIONS DE BANLIEUE

Oeuvre numérique sur CD-ROM, tirée à 500 exemplaires. Le N°1 est disponible.
Une nouvelle approche (?) avec le "Prêt à imprimer". L'oeuvre est constituée de 28 formats à imprimer, seul le dernier est imprimé par l'artiste. Il porte la signature et le numéro de spécimen. Le CD-rom donne toutes les informations pour réaliser l'oeuvre compléte.

Si vous désirez en savoir plus ou tout simplement réserver un exemplaire, n'hésitez pas à me contacter.

 

80 points par P.B.

Carnet de desins, journal intime ? Non pas cette fois. Il s'agit d'un tour d'horizon de mon petit univers réel et imaginaire en 80 points. 80 mots d'une liste constituée le mardi 2 mai 2000. Les mots se trouvent dans l'ordre chronologique de leur arrivée. Classement aléatoire. Le premier est EROTISME, le dernier PONÇAGE... A vous de voir s'il y a un lien.
Pour l'instant je n'en dis pas plus.
Ce carnet est le premier conçu comme imprimable. Chaque exemplaire ne sera pas rigoureusement la reproduction du précédent car chacun demande des manipulations, découpes et collages. Je les ferai au coup par coup en limitant leur nombre à 80.

Si vous désirez en savoir plus ou tout simplement réserver un exemplaire, n'hésitez pas à me contacter.


The Daily Geologies /Les Géologies quotidiennes

"Daily geologies are a whole of 12 low-size blocks 140 X 140 mm, of which the variable thickness can reach several tens of centimetres. Each day, during 12 years for the series #1 and during 1 year for series # 2, I deposited a "layer", a deposit with his reference marks, his graphics, his reliefs and his colors. All can be found there: forsaken drafts, sketches, various lists, tickets of cinema, of subway, envelopes... Tiny modelled or found objects are hidden and definitively covered like a reversed archaeology."

"Les géologies quotidiennes sont un ensemble de 12 blocs de petite dimension 140 x 140 mm, dont l'épaisseur variable peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres. Chaque jour, pendant 12 ans pour la série #1 et pendant 1 an pour la série #2, j'ai déposé une "couche", un dépôt avec ses repères, ses graphismes, ses reliefs et ses couleurs. Tout peut s'y retrouver: esquisses délaissees, croquis rapides, listes diverses, tickets de caisse, de cinéma, de métro, enveloppes ...minuscules objets modelés ou trouvés sont enfouis et définitivement recouverts comme une archéologie à l'envers."

Paysages browniens

"C'est une série de 98 petits dessins issus des pages évidées réunies dans trois recueils, intitulés : "le Double du P.B.".
Pourquoi "browniens" ?
Je cherchais un qualificatif commençant par B, à accoler au mot Paysages. A la lecture rapide du dictionnaire, je l'ai découvert. Le mot m'a plu.
Brownien : (1867. du nom de R. Brown).
Mouvement brownien, mouvement désordonné des très petites particules (de l'ordre du micron) dans les liquides (caractéristiques des corps à l'état colloïdal). - Pour mémoire colloïdal se dit d'une substance dispersée dans un solvant.
Or la dominnate ocre qui se retrouve dans l'ensemble de ces dessins, provient de la réaction chimique de la colle appliquée au pinceau que j'utilisais alors pour maroufler les photocopies du "P.B." Le solvant s'est dissipé, il n'est resté que les traces jaunies accompagnées quelquefois de bouts de page retrouvées et collées à nouveau."


Si vous désirez en savoir plus ou tout simplement acquérir un dessin, n'hésitez pas à me contacter.

 

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    LES MOTS N'ONT PLUS LA MÊME LONGUEUR

" Nous manquons
de points d'appui,
c'est-à-dire de
journaux intimes ".
Khlebnikov

par Jean-Marie Gleize

L'objet est un cube. Il s'ouvre, Pascale Baud décide de paginer ses phrases. Décide de "livrer" son travail de peintre. Un livre donc, sur la première page duquel je lis ceci: "odeur de mandarine", et ceci (à angle droit près de la fente, tandis que tout le reste de la page est vide) : "Livre d'Heures de la Duchesse de Bourgogne, Adélaïde de Savoie". Il y en a qui écrivent ça sans savoir, mine de rien, qui font ça en cachette, en couchette, partout, dans les trains, dans les gares, partout. Comme s'il y avait un rapport "pensable" entre Greta Garbo, les Parkings, Chrétien de Troyes et le portrait de Calas en Médée. Mais oui ! Ça va, ça vient, ça tire, et, plus je le suce, plus le bonbon fond. En somme, l'art est un engin (un enjeu) formidable, "de taille" (crayon), et c'est bien parce nous ne savons pas de quoi il retourne qu'il faut y aller, forcer, foncer, s'enfoncer, faire feu dans tous les coins (de tous bois), etc. Pascale écrit des brouillons. Je vais trop vite (et comme elle dit : "du calme...") : Pascale Baud (vit et travaille à Marseille), écrit au brouillon des bouts de sa vie, des bouts de vie cadrée, micrographiés, cryptographiés, hiéroglyphés, qu'elle ponctue de dessins, de riens d'instants de sa vie mis bout à bout : un livre d'heures, les minutes d'un livre de bouts de vie, les secondes de ces minutes de bout à bout de fragments de dessins qui ponctuent les ébauches des brouillons de cet intime besoin de l'infime jour à jour. Brouillons et brouilles. Rien ne va plus entre les yeux et le reste. Ça décolle. Vous croyez avoir des idées dans la tête et, pourquoi pas, derrière la tête. Et finalement, vous l'avez dans le dos. C'est une histoire de rétine. Des paupières battues, raclées. De fourchette et de fond de pot, en désespoir de cause. " À la longue, les mots n'ont plus la même longueur ", oui, à la fin, la poésie n'en pouvant plus (on sait bien pourquoi, il y a de l'essouflement dans le manque d'air, ça fait très mal du côté du rafistolage lyrique, de l'écologie prosodique, et encore plus mal du côté des ordinateurs), et bien, voilà, la poésie se tirant, que " quelque chose " revient, plutôt façon crabe, n'importe comment (rigoureusement n'importe comment), du côté du JOURNAL (voyez Prigent, Denis Roche, Lucot, et, aujourd'hui, cette Pascale Baud et ses pattes de mouche).
Les mots rapetissent, se chevauchent, éboulent et s'emboulent, déboulent, se pelotent, s'écorchent, and so on. Noeuds et croix, mémoire et grimoire. Comme si vous vous étiez rincé l'oeil à l'eau de javel.
Débrouillez-vous. Et grouillez-vous : " à la vitesse du train s'ajoute la vitesse du jour déclinant, la rotation de la terre ". D'emblée, dans ces " pages bordéliques ", c'est le travail systématique de l'effacement qui est à l'oeuvre : contrairement à toute attente, à toute entente (mais l' " art de la conversation " - et de la conservation - n'est pas le fort de ceux qui brûlent), le journal n'est pas du tout, mais alors pas du tout, un grand dépottoir cumulatif-expressif, de consolidation massive, un gros sac de décharge, c'est précisément le contraire, le lieu où tout disparaît, s'estompe, s'écroule, le lieu où tout lâche.
D'où l'exercice ici, de tous les gestes, mouvements et faux mouvements, lapsus et traits de langue, qui jouent, rejouent et déjouent l'absorption : le blanc mange le " reste "(blanchissement du crayon noir ou de l'encre, raclure, à fleur de papier), ou c'est le noir (noircissement, rature), ou ça se gomme, de toutes les façons. La question est non pas : comment vais-je fixer, décrire ? mais : compte tenu de la vitesse du train, et de celui qui vient en sens inverse, et du tain miroitant des vitres, et de ma propre vitesse mentale, et de la disparition du jour (rotation cosmique) et, finalement, du tunnel, comment vais-je pouvoir faire " tenir " tout ce qui fout le camp ? Comment vais-je calculer la fraction de seconde, la fraction de fraction, où inscrire ce qui se défait ? " Tentative de cadrage du rien ", c'est ça, depuis Rimbaud (" par l'univers sans images "), le calendrier perpétuel, le poids de ce qui s'enlève, mot à mot, peau à peau, du sang perdu, infiniment, la chute des temps dans nos veines, et " les 883 espèces qui vont s'éteindre dans les quinze prochaines années ! ".Pascale Baud signe sa perte. Librement. Délibérément. En beauté (oui à ce mot !). C'est sa très grande force. Et qu'avons nous d'autre à signer ?

Article à propos du P.B. paru dans le magazine d'art contemporain MARS n°6 été 85.

 

Osmose-Béton (Manifeste OB + texte catalogue d'exposition Kassel 1987)



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